04/12/2017

Rêver l'Erdre


De juin à septembre 2017, l’Erdre est une rivière à l’honneur avec une promenade jalonnée par une dizaine d’installations in situ.
La mairie de Nantes a créé cet événement pour annoncer le projet « Etoile Verte » qui va consister à mettre en réseau les coulées vertes et les Parcs et Jardins avec le concours de grands paysagistes comme Gilles Clément et Tim Smit.
Dans le centre-ville, la rivière est bordée d’espaces humides boisés donnant furtivement l’impression d’être en pleine nature. Ce site exceptionnel est le théâtre d’une intense circulation de promeneurs, sportifs, vélos, piétons urbains mais aussi avirons et autres bateaux de promenade. Les installations qui font corps avec le lieu, donnent l'envie de ralentir ou s’arrêter pour que l’œil se porte vers la rivière paisible.

Faites majoritairement de matériaux naturels (les branches et rondins de bois proviennent de l’entretien des arbres nantais) et de miroirs, les installations ne se servent pas des plus jolis coins de la rivière comme d’un écrin mais viennent souvent se frotter à des éléments forts comme les ponts, quais et passerelles. REVER et ERDRE font partie des rares mots en forme de palindrome. Au fur et à mesure qu’on les lit on revient sur ses pas dans une parfaite symétrie. Il en va ainsi de ce parcours d’une rive à l’autre où certaines œuvres sont pensées pour être lues à l’aller puis au retour.

Anémochores (bambous) et écriture miroir (pérenne) cliché R.A.
Anémochores (bambous) quai Cerneray

Seves (branches de platane) cliché Jacques Soignon


Axe-exact (branches de platane) cliché R.A.


Murmire (miroirs, lianes) cliché R.A.

Une installation sonore de Hughes Germain (sous le pont de la Motte Rouge), miroirs, cliché Hughes Germain
Axe-exact, cliché: Clichés d'Aur

cliché R.A.

 
aménagement pérenne, avec le SEVE (blocs de granite, végétation) cliché R.A.

aménagement avec le SEVE (rondins de platane)cliché R.A.


Bord à bord (barque,bambou, platane, chataigner), cliché R.A.

03/12/2017

Blocs, prairie du Tertre, université de Nantes

 œuvre pérenne, 21 blocs de béton brut 
     Commande de l'université de Nantes

L'œuvre répond au souhait de l'université de relier les bâtiments à la rivière tout en procurant des assises aux étudiants et promeneurs.

En face, de l’autre côté de l’Erdre, de la mer des arbres émergent les tours immenses de Port Boyer. Les blocs de 2m3 sont comme autant de rocs, le terrain ondoie et les grandes assises semblent flotter en s’enfonçant dans la prairie verte. La terre ajoutée participe à la formation de ce relief qui suit les courbes les plus basses du terrain pour créer comme un vallon, un nouveau chemin au milieu de ces promontoires où l’on peut s’installer au dessus de la rivière.  



31/08/2017

Nid de vacance

branches de châtaignier et de noisetier, fer à béton.

Au cœur de la ferme végétale d'amis, sous les châtaigniers géants, cette construction aérienne, simple squelette de tiges de fer entrelacé de branches, se suspend au creux de l'arbre. Du sol, elle suit la courbe du tronc pour se lier à la première branche charpentière et suivre son mouvement. Les matériaux naturels se fondent au milieu végétal et l'on grimpe se lover dans la rondeur. L'œuvre est conçue comme un abri, autant à vivre qu'à regarder.

  
Atelier des bons plants, Caden, Morbihan, août 2017

06/08/2017

Lignes de vue

 Château fort de Ranrouët, Herbignac (44)

Bande de polyester, carex peint, tresse dyneema, 2017 / 2018



Pour la façade Est du château de Ranrouët, la proposition artistique joue avec les ouvertures des murs épais et la profondeur de la douve à la végétation luxuriante. Elle part à l’assaut du vide, de l’espace libre autour des volumes impressionnants de cette place forte conçue pour protéger l’intérieur des intrusions.


Les lignes tendues concrétisent les trajectoires possibles de l’intérieur vers l’extérieur, trajectoires que l’esprit fait sans cesse dans ces lieux, en imaginant les ripostes données aux assauts contre la haute muraille, les angles de visées derrière les meurtrières des tours, les embrasures et les journées passées à broder aux fenêtres du logis en scrutant au dehors. 




Les carex des douves, blanchis comme le reste de l’œuvre, poussent à partir du fond, se hissent à la hauteur des fenêtres en de grandes verticales qui pourraient représenter ceux qui cherchent à entrer.

Ce jeu avec l’architecture n’est pas immobile car au moindre souffle, les bandes blanches s’animent, vibrent et ondulent dans un ballet graphique, léger en regard de la pierre. 



28/06/2017

ForEver


11 flèches (composite peint) et 400 cœurs (bois peint)

L'Art dans les Jardins, ville de Metz et centre Pompidou Metz 

 

Dans ForEver il y a l’éternité. On aimerait que les choses durent toujours.
 Pour les 150 ans du Jardin Botanique 




                                                                                                                                                                     

En partant de l’idée que les hêtres les cœurs et les flèches ont un point commun, on les trouve simultanément réunis, gravés sur les écorces des arbres,  une mise en scène se développe autour du grand tronc mort.

Les flèches de l’amour ne transpercent pas ici un cœur mais directement le corps immense. 
Dans les flèches traversant l’arbre on peut trouver une résonance avec les représentations du martyre de Saint Sébastien, image élevée au rang d’icône.
Les cœurs virevoltants autour renforcent le côté narratif et dessiné de l’œuvre.  Ils opposent leur petite taille et leur couleur vive à l’échelle formidable des arbres.  Ils nappent l’espace d’une une brume colorée et mouvante. 



17/06/2017

19/12/2016

Onde

Festival GENEVA-LUX
30 cordes blanches, leds, programmation





Sur la promenade de la Treille, préservée des bruits de circulation, dédiée aux piétons et aux jeux des enfants, la ville est à échelle humaine.
L’œuvre s’inscrit dans la symétrie de l’allée à l’atmosphère pleine de poésie, dans la perspective des marronniers, dessinant des courbes qui semblent flotter en l’air comme immobilisées dans l’espace. Une succession d’arcs blancs dont la tension varie régulièrement produit une géométrie changeant selon le point de vue.
Dans la nuit bleutée, un éclat de lumière glissant de courbe en courbe crée le mouvement perpétuel d’une vague. Lorsque l’on aborde l’allée on voit un mouvement lumineux ondulatoire qui s’éloigne puis revient sans cesse.

Visible du 2 décembre au 15 janvier pendant 5 ans. http://www.ville-ge.ch/genevaluxfestival/

10/08/2016

Village

Village
LandArt Festiwal #6 /  Stary Bubel, Pologne
branches de charme peintes.

Dix grandes branches figurant des arbres sont positionnées dans le paysage. Au dessin de chacune, viennent s’ajouter les formes archétypales de maisons fabriquées avec des morceaux des mêmes branches. L’œuvre répond à la thématique du festival qui est cette année «Dom», la maison.





 

Il neige


In Situ 2016 a confié à Marie-Hélène Richard l'Hôtel Flottes de Sébazan à Pézenas
Commissariat: Marie-Caroline Allaire-Matte / Association Le passe-Muraille
Entretien par Marie-Caroline Allaire-Matte avec la collaboration de Rachele Ceccarelli
Série Rosæ plasticæ, sacs plastiques, fil de fer, tresse de pêche
 
MC. AM : Pour l’essentiel de votre travail, vous avez décidé de sortir du white cube de la galerie pour vous dédier exclusivement à la création d'installations in situ. Vos projets sont conçus pour établir une relation mutuelle avec l'environnement naturel ou historique. Pouvez-vous nous parler ce choix qui peut sembler radical au regard des positionnements artistiques actuels?
MH. R : J’ai réalisé mes premières installations simultanément dans une forêt proche de Paris et dans le Palais des études des beaux-arts, deux contextes très différents voire opposés. Toutes sortes de paysages m’intéressent. A chaque fois j’y cherche le dialogue, la confrontation, j’y attrape ce qui me semble essentiel et remets en question le lieu pour y apporter mon grain de sel. Dans les années 2000, je suis définitivement sortie de l’atelier pour pratiquer un art éphémère. On a toujours cherché à faire durer les œuvres au delà des siècles, prendre le contre-pied c’est pour moi rendre compte de la dimension éphémère de la vie. Mon travail prend en compte la durée mais aussi une échelle physique, notre corps vertical mesurant entre 150 et 200 cm ! Lorsque je pense une œuvre, je pense « être » et « autour ». Ce n’est plus le spectateur qui tourne autour de la pièce mais la pièce qui environne le spectateur. Je pourrais aussi développer cette notion d’environnement qui est plutôt « le milieu auquel nous appartenons et que nous façonnons à notre image ». La base de mon travail repose sur le rapport à la nature, le monde du sentiment, de l’harmonie initiés par le romantisme allemand





















MC. AM : Vous avez choisi d’investir les trois espaces de cet hôtel particulier: la cour, la salle et le jardin. Comment vous êtes vous déterminée pour prendre cette décision ?
MH. R : En visitant le lieu, je me suis attachée à chacun des espaces que l’on pourrait définir comme constitutifs d’un site fermé, assez complexe, où se succèdent les cours, les passages et les détails architecturaux qui appellent le regard. L’analyse que j’en ai faite est mon point de départ. Les cours offrent des échappées vers le ciel, la salle drapée de pierre nous ramène dans un espace plus intime. La circulation du corps et de l’œil à la découverte des multiples points de vue a inspiré cette œuvre traversante. 
MC. AM : Comme le souligne le titre, Il Neige, la multitude des roses semble s'envoler et se disperser poétiquement dans la cour avec la délicatesse impalpable de flocons de neige et elle ajoute une présence colorée en opposition à la minéralité des murs. Une légèreté surprenante, atteinte grâce à une recherche sur les formes et les matériaux (sac plastique, verre, bambou). Quel univers désirez-vous créer dans ce lieu d’histoire?


MH. R : La chute des roses est comme arrêtée ; et avec elle le temps. La perception du temps, ici, s’ajoute à celle de l’espace tridimensionnel. C’est là que j’en reviens toujours : la confrontation personnelle au temps, mettre le spectateur dans la fragilité de l’instant présent. L’œuvre est partout, les fleurs s’immiscent dans les moindres recoins comme une neige rose. Les fleurs, la neige sont des objets bien fugaces en regard de ces pierres anciennes qui leurs sont totalement opposées, autant par leur consistance que par leur permanence. Naturelle ? Artificielle ? La qualité de ces roses surprend. Elles appartiennent au siècle présent et l’on doit passer d’un seul coup de l’image de la beauté à celle du sac en plastique habilement transformé.
MC. AM : Le matériau avec lequel vous fabriquez les roses est un plastique non recyclable : peut-on voir une forme de rédemption dans le choix de récupérer ces sacs liés à la consommation de masse. Espérez-vous solliciter une réflexion éthique chez le spectateur ?
MH. R : Oui, bien sûr. L’abandon imminent de ces sacs plastiques qui ne peuvent finir que dans l’incinérateur ou le ventre des baleines montre à quel point ils sont nuisibles. Depuis le XVIIIe siècle nous avons considérablement évolué, pour le meilleur et pour le pire, les sciences, la chimie, les choses s’accélèrent et je ne suis pas loin de penser que l’histoire de l’apprenti -sorcier va mal se finir… Transformer un sac plastique, ce déchet de base, en symbole très « fleur bleue » de la beauté pourrait être, au fond, un geste ironique. L’usage de matériaux recyclés ou naturels n’est pas systématique dans mon travail mais lorsque j’utilise des sacs ou des bouteilles en plastique, je cherche à ce que cela fasse sens.






Bleu, blanc, rose

Série Rosæ Plasticæ , Villevêque
sacs plastiques, fil de fer


A l'occasion de Nov'art, toutes les nuances de rose prennent place sur le fronton de la mairie, à l'emplacement du drapeau tricolore.



Colooors

Parcours d'Art actuel  "A ciel ouvert", Riorges
branchages, fer à béton, peinture

La branche est une matière première disponible couramment utilisée dans l’art in situ. On la retrouve dans les arbres juste au dessus de l’œuvre.
En juxtaposant des branches colorées à des branches naturelles, naît un langage visuel intriguant: une vibration multicolore se détache des dômes naturels qui semblent avoir poussé comme des champignons.
Il est rare de voir une brindille peinte et toute sa plasticité est rehaussée par la couleur. La branche recouverte d’une teinte monochrome s’extrait de sa propre matière pour acquérir un caractère quasi artificiel. Ces couleurs sont le fruit d’une collaboration étroite avec le public: les enfants qui investissent le parc Beaulieu, espace de détente et de jeu, sont les inventeurs des couleurs et les peintres des branches. Des adultes se sont aussi prêtés au jeu. Chaque participant a élaboré à partir des couleurs primaires sa couleur préférée. Il est impressionnant de voir avec quel plaisir on peut se livrer à la « cuisine des couleurs » !

Une fois achevée, l’œuvre a été ouverte aux visiteurs qui peuvent entrer à l’intérieur de ces sept coupoles en dentelle de branches reliées entre-elles par de petites ouvertures. Les jeux des enfants investissent le dedans, le dehors de cette pièce qui leurs est dédiée.
 





27/10/2015

Bubbles

Bubbles
Château du Coscro
Lieux Mouvants, art et rencontres au cœur de la Bretagne

boules de noël préparées, fil nylon


Une myriade étincelante et légère fait pétiller l’eau des douves. C’est en franchissant le passage entre les deux canaux, que l'on plonge dans cet univers féérique. Etoiles, ébullition, brillances, champagne, prestige et scintillements. Aux boules ornementales de pierre et buis taillés viennent répondre les formes rondes et spatialisées des sphères argentées.
L'histoire exceptionnelle du site relève aussi de la magie: tout le jardin et sa magnifique architecture ont été exhumés durant de longs travaux d'archéologie, après des années passées sous la terre agricole.